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Site de l’association Bernard Dimey • Nogent  (Haute-Marne)

 
 

Photos Philippe Savouret

Tournez Manège

(états d’âne )


Une fois encore l’Association Bernard Dimey aura fait l’affiche avec une salle comble (et comblée) au “Zénith de Châteauvillain” ! Une manifestation est réussie quand en amont la programmation est pertinente : on compose rarement une symphonie triomphante avec des casseroles. Après la sauce ne prendra qu’avec de bons ingrédients mis en harmonie si la Brigade au complet fait le boulot et comme notre Asso ne manque pas de maîtres queux…Le bar servait pichets et carafons, nos cigales en salle et en cuisine virevoltaient pour satisfaire au mieux des tablées d’affamés vite repus en attente d’autres nourritures.

Puis vint le spectacle attendu par un auditoire de connaisseurs impatients.

De là-haut ou de là-bas (peu importe…), assis sur la pierre d’une fontaine de la butte ou la moleskine d’un bouge qui rebute (et alors…) Bernard dut avoir un sourire bienveillant en ressentant, comme nous modestement, la magie qui opéra une fois encore. Parce que c’était magique de voir une salle enchantée autour d’un manège happant l’attention même des plus blasés. Sous la baguette d’un zébulon déjanté (qui aurait mérité d’être mieux vu à son pupitre), Clothilde apparut dans la blancheur d’un lys éclatant et la légèreté du duvet d’un cygne éblouissant. “Les cygnes ont ouvert leur aile, en forme de harpes, harpes de Lohengrin aux musiques d’argent” (G. Rodenbach, Le miroir du ciel natal).

Effleurant les cordes de son divin instrument, l’artiste a fait passer un frisson pareil à ceux d’un grand vent dans les arbres. De ses mouvements gracieux et son chant mélodieux, la sirène nous entraîna vers des horizons fugitifs de grande félicité, et nous alors bienheureux de se laisser conduire par le charme des sublimes paroles de cette Chanson Française qui nous ravit tant et plus. Une réussite, un bonheur, un enchantement salués par des applaudissements qui n’en finissaient plus et n’étaient que l’expression chaleureuse et méritée de nos intimes remerciements.

Loin des ‘souffrances enfouies aux paradis perdus’, étranger aux hommages posthumes qui placardent son patronyme sur des plaques de rues ou de squares anonymes, sur une maison natale en ruines ou un fonds insondable, crachant sur les Marchands de soupe et les Guignols de tous bords, ignorant des infatués qui cherchent leur muse dans un couplet de Syracuse, Bernard ne peut être que compatissant envers notre “petite” association dont il est la justification voire la raison d’être et, pourquoi pas, un peu fier comme je le deviens à titre personnel. Oui fier d’intégrer un groupe de passionné-e-s qui se dévouent pour la sauvegarde d’un patrimoine assurément intemporel mais mis sérieusement en danger par les dérives d’une société peu encline à préserver ses valeurs. Certes là-aussi on peut apprécier de belles personnes, mais pour qu’une machine fonctionne il faut de l’huile dans les rouages et des courroies de transmission, conditions impératives pour finaliser les enjeux fixés en totale concertation.

Je crois avoir rencontré un espace de convivialité où ça roule et, chères amies et chers amis, je pense solliciter de votre mansuétude la permission de m’y incruster pour profiter encore et encore de tels moments de sereine satisfaction. Bien à vous et à bientôt.

BB